La dernière rencontre avec les musiciens du Philharmonique a eu lieu. Il est toujours aussi passionnant de découvrir leurs personnalités riches, diverses, parfois surprenantes. Les musiciens étaient cette fois-ci la clarinettiste Marie-B Barrière-Bilote, l’altiste François Méreaux, le tromboniste Jean-Yves Monier.
C’est en jouant le grand solo de « Daphnis et Chloé » de Ravel que Marie-B. Barrière, toute jeune sortie de ses études au conservatoire, a gagné sa place, en l’an 2000, lors du concours d’entrée à l’Orchestre de Monaco où deux concurrents restaient en finale. C’est elle qui l’emporta. A cette époque, Marek Janowski avait agrandi l’effectif de l’orchestre et décidé de recruter de jeunes solistes. Le souvenir le plus émouvant de Marie est le concerto de Mozart qu’elle joua lors du dernier concert dirigé par Yakov Kreisberg. On savait ce chef très malade, on pressentait sa fin prochaine. Marie joua le coeur serré, les larmes aux yeux. Elle porte encore en elle l’émotion de ce moment.
Si Marie-B Bilote vient de Bordeaux, les deux autres musiciens, François Méreaux et Jean-Yves Monier, sont eux, originaires du Nord. Ils se sont facilement habitués au soleil du midi ! François Méreaux fait partie de la même génération que Marie, ayant été engagé jeune par Marek Janowski. Il a en mémoire les concerts dirigés par Lorin Maazel, Daniel Barenboim, Valery Gergiev, Georges Prêtre, Daniel Harding, Charles Dutoit, ainsi que les tournées en Corée en 2007, Chine en 2015, et au Japon en 2008, 2016 et 2024. La Symphonie concertante de Mozart qu’il joua 2004 avec Sibylle Duchesne reste pour lui un précieux souvenir.
Quant à Jean-Yves Monier, le doyen de cette rencontre, il est rentré à l’orchestre en 1987 à l’époque de Lawrence Foster directeur musical et René Croesi administrateur. Il n’oublie pas des évènements comme l’intronisation du Prince Albert ou le concert donné au Vatican mais aussi des productions extra classiques comme les concerts donnés au Sporting d’Eté avec Ray Charles et Sammy Davis Jr. Lorsqu’on est tromboniste dans un orchestre symphonique, on est toujours marqué par le solo du Boléro de Ravel. Jean-Yves Monier a eu plusieurs fois l’occasion de le jouer. C’est chaque fois la même inquiétude, le même défi et, au bout du compte, le même succès !
Résumé de la conférence & interview Monaco Info – Les « Musiciens se racontent » 11 juin 2026