Les Amis de l’orchestre ont poursuivi l’organisation des rencontres avec les musiciens du Philharmonique. Passionnants échanges où l’on découvre des personnalités riches, contrastées, souvent insoupçonnées parmi ces musiciens qu’on applaudit dimanche après dimanche, sans vraiment les connaître.
Les trois musiciens présents lors de cette rencontre étaient la violoniste Liza Kerob, la harpiste Sophia Steckeler, le corniste Didier Favre.

Liza Kerob nous révéla qu’enfant, elle dormait avec un petit violon comme doudou à la place de l’ourson habituel. Cest sûr, elle serait violoniste ! Elle le devint, après être passée par le conservatoire de Paris et le Curtis Institute de Philadelphie. Mais, revenue en France après son séjour en Amérique, il était dur de se refaire une place. Alors elle joua du violon dans un cabaret. Puis vint l’ouverture d’un poste de violon à l’orchestre de Monaco. Elle fut si brillante que Marek Janowski, qui était le directeur à l’époque, lui proposa le poste de… violon solo. Depuis, elle n’a plus quitté ce poste pour le bonheur de tous.
Sophia Steckeler est munichoise. Issue d’une famille de musiciens, elle fut dès l’enfance attirée par la harpe. Mais l’instrument était trop grand pour elle. Alors, elle apprit sur des petites harpes. Elle donna son premier concert public à 13 ans. Elle joua dans des orchestres de jeunes en Allemagne. Puis elle vint se perfectionner en France. Avec une remarquable maîtrise de la langue française, elle nous a fait un remarquable plaidoyer pour son instrument, mettant en évidence son rôle irremplaçable dans le grand répertoire symphonique et dans la musique impressionniste. Elle insista sur l’attachement « charnel » qu’un musicien peut avoir avec son instrument. Elle l’éprouve même au simple moment où elle accorde sa harpe avant le début du concert. Une musicienne heureuse…
Né à Albertville, Didier Favre, lui, fréquenta les fanfares de sa région savoyarde et eut le coup de foudre pour la trompette de Maurice André. Bien décidé à étudier cet instrument, il poussa ses parents à aller acheter une trompette à Chambéry. Mais dans la vitrine du marchand d’instrument, il y avait un autre instrument qui brillait davantage : le cor. C’est celui-ci qu’il choisit. Il serait corniste ! « Chaque instrument de musique doit convenir à la personnalité de celui qui en joue. En ce qui me concerne, je me suis senti toute ma vie en plein accord avec mon instrument. » Didier Favre est arrivé en 1991 à l’orchestre de Monte-Carlo, il a aimé tout ce temps qu’il y a passé, ayant des souvenirs émus de ses tournées en Allemagne en particulier. Il est l’un des doyens de l’orchestre. Il prendra sa retraite lors du dernier concert du Palais Princier. Avec la fierté et le bonheur d’une carrière réussie.